John Dickson Carr (1906-1977)
Auteur considérable
du Masque, John Dickson Carr est probablement le plus anglais des
écrivains américains. Né en 1906 en Pennsylvanie, le jeune
Carr consacre plus de temps à la lecture assidue de romans
policiers- Conan Doyle, Futrelle, Leroux - qu'à ses études. Un
séjour d'un an à PAris le marque profondément au point qu'il y
situe son premier roman, Le marié perd la tête, publié
en 1930. On y découvre un détective promis à un bel avenir
littéraire, Bencolin, et l'un des éléments caractéristiques
de l'oeuvre de Carr: le meurtre en chambre close.
En 1932, il épouse une
Anglaise... et bientôt l'Angleterre, où il s'établit, et
poursuit une carrière prolifique : plus d'un roman par an, sous
son nom et sous pseudonymes divers - Nicholas Wood, Carr Dickson,
Carter Dickson.
Il crée en 1933 un
nouveau personnage inspiré de Chesterton , le Dr Gidéon Fell,
qui sera le héros d'un grand nombre de ses romans - Le
Naufragé du Titanic (1938), Les Yeux en bandoulière (1939),
Suicide à l'écossaise (1941), Satan vaut bien une
messe (1949)... C'est dans ces aventures que se révèle le
Carr créateur d'atmosphères irréelles et fantastiques, où
l'histoire surnaturelle se gonfle telle une bulle qui éclate
soudain dans une explication rationnelle.
Deux autres figures de
détectives jalonnent sa carrière, le colonel March, de Scotland
Yard, et surtout sir Henry Merrivale, inspiré de Winston
Churchill, spécialiste des " problèmes impossibles
", héros entre autres, de La Maison de la peste et La
Maison du bourreau (1935), La Police est invitée
(1937), Le Lecteur est prévenu (1939) et du roman le plus
connu en France: La Chambre ardente (1937).Président des
Mystery Writers of America en 1949, il obtient la même année un
Edgar spécial pour sa biographie de Conan Doyle. John Dickson
Carr meurt en 1977.
Extrait de "Les Maîtres du Romans
Policier", Robert Deleuse, Editions
Bordas:
Un maître de la détection
Il semblerait que John
Dickson Carr, né à Union Town en Pennsylvanie, opère un retour
en force dans le milieu éditorial et l'on peut dire que ce
retour relève de la justesse des choses. Car, avec lui, nous ne
sommes pas seulement, simplistement, en présence d'un véritable
maître d'oeuvre du local clos, mais à la fois au coeur même du
problème posé par ce type d'énigme et, bien au-delà, dans un
univers typiquement fantastique et irrationnel. Son enquêteur le
plus célèbre, Gidéon Fell, se trouve bien souvent confronté
à des affaires aussi peu ordinaires que le cas des suicidés du
manoir de Shira dans Suicide à l'écossaise (1941), la
surprenante histoire survenue au professeur Rigaud dans Celui
qui murmure (1946), le très étrange Grimaud de Trois
cercueils se refermeront (1935) qui constitue avec Le
Chambre ardente (1937) deux romans majeurs de la littérature
de détection . Sous le pseudonyme de Carter Dickson, il a
également crée un autre personnage, moins connu que le Dr Fell
mais tout aussi perspicace : sir Henry Merrivale. Il est mort le
27 février 1977 après avoir fait paraître la bagatelle de
soixante-quatorze romans dont, comme l'écrit Roger Martin,
" aucun n'est mauvais et beaucoup sont excellents " .
Les Romans: